La finance islamique et développement des entreprises





La Maison de l’Entreprise du Burkina Faso a organisé, le vendredi 19 août 2016 à Bobo-Dioulasso, un atelier au profit des entrepreneurs. La rencontre s’est tenue sur le thème : « La finance islamique et développement des entreprises».

La finance islamique est une finance alternative qui n’est pas différente de la finance classique, mais qui doit respecter les principes de l’Islam, selon l’expert Aboubakari Ouédraogo. Il l’a fait savoir au cours d’un atelier organisé par la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso, le vendredi 19 août 2016 à Bobo-Dioulasso. La rencontre avait pour objectif de mettre à la disposition des opérateurs économiques, des managers, et des responsables de structures de financement, des informations nécessaires sur la finance islamique. Elle s’est ainsi déroulée sous le thème « La finance islamique et développement des entreprises ». Au cours de la rencontre les principes et les produits de la finance islamique, ainsi que l’importance actuelle de la finance islamique au Burkina Faso ont été expliqués aux entrepreneurs de la cité de Sya. De plus, les échanges ont porté sur les opportunités et les procédures d’accès à la finance islamique. A entendre, Aboubakari Ouédraogo, la finance islamique s’est développée très rapidement à travers le monde. Mais « c’est seulement dans les pays de l’Union économique et Monétaire Ouest Africaine et au Burkina Faso en particulier, que cette forme de finance n’est pas connue. Nous n’avons pas d’informations sur la finance islamique et on pense que c’est réservée uniquement aux musulmans », a-t-il déploré. Pour redresser le tir, a fait savoir M. Ouédraogo, la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso a décidé d’organiser des séances de sensibilisations pour montrer que tout le monde peut avoir accès à cette finance. Dans sa communication il est ressorti que l’interdiction de l’intérêt, de l’incertitude et de la spéculation, l’interdiction d’investir dans certains domaines d’activités comme l’alcool, l’armement, la pornographie et le partage des pertes et profits sont, entre autres, les principes qui sous-tendent la finance islamique.

Le prêt n’est pas lié à la religion !

Et de préciser que : « L’interdiction de l’intérêt ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas de profit ou rémunération dans la finance islamique ». De plus l’expert en finance islamique a laissé entendre que l’octroi d’un prêt n’est pas lié à la religion. Pour le justifier M. Ouédraogo précise que : « Si tu es musulman et que tu as un projet de vente d’alcool, la Banque islamique ne va pas te financer ». Par contre, a-t-il poursuivi, « si tu es chrétien et que tu veux investir dans un domaine comme celui du coton, la banque va te financer ». Par ailleurs,

Aboubakari Ouédraogo a indiqué que la finance islamique offre des opportunités au Burkina Faso. « Le mode de financement des banques islamiques est très adapté aux entreprises », a-t-il souligné. Car, de son avis, il y a les pays arabes qui peuvent apporter l’argent aux banques afin de leur permettre de refinancer les entreprises. « Au lieu de prêter avec intérêt, la banque islamique va permettre à l’entreprise d’avoir sa matière première ou sa marchandise en achetant elle-même la marchandise ou le produit, pour mettre à la disposition de l’entreprise ce qui permet de partager le risque entre la banque et l’entreprise », a-t-il expliqué. L’entreprise et la banque supportent les frais de transport et de logistique, a-t-il ajouté, mais la banque s’assure de la qualité des produits et des matières premières, conformément au contrat signé initialement. Dans le financement islamique au Burkina Faso, Coris Bank est la pionnière. Au cours du café thématique, la banque a présenté sa « solution de financement » à travers Coris Bank Baraka. A entendre les responsables de l’institution, il s’agit des produits suivants : Wadi’a, Ijara, Moudharaba et Mourabha. Les participants à ce café thématique ont bien apprécié la rencontre. A ce titre, le vice-président du Groupement des producteurs d’huile du Burkina Faso, Kassari Konaté, a laissé entendre que cette forme de finance est une innovation qui peut apporter un changement dans le monde  économique.